Benchmark 2026

15e édition de l’enquête « Benchmark FAS de l’Actionnariat Salarié »

En partenariat avec le Groupe Alixio et Clifford Chance

Pour la 15e édition de son Benchmark de l’actionnariat salarié, présentée le 11 juin 2026 dans l’auditorium de Clifford Chance avec ses partenaires Alixio et Clifford Chance, le benchmark de la FAS — Fédération Française de l’Actionnariat Salarié — confirme la vitalité de l’actionnariat salarié en France, malgré un contexte géopolitique et économique difficile.

Le panel : des émetteurs engagés

L’enquête réunit un panel représentatif des émetteurs, cotés et non cotés : 76 % des répondants sont de grandes entreprises internationales de plus de 5 000 salariés, 44 % comptent plus de la moitié de leurs effectifs hors de France, et l’État est actionnaire dans 24 % d’entre eux. Fait notable de cette édition : l’intérêt grandissant des entreprises non cotées, qui représentent 35 % du panel, et tous les secteurs d’activité sont représentés.

Une part du capital en progression

Le chiffre phare de cette édition : au 31 décembre 2025, les actionnaires salariés détiennent 4,8 % du capital des entreprises du CAC 40, contre 4,0 % l’an dernier. Cette progression tient pour partie à l’entrée dans l’indice d’Eiffage, champion de l’actionnariat salarié avec près de 25 % du capital détenu par les salariés, mais aussi à une croissance organique qui se poursuit d’année en année. Le reste du SBF 120 se maintient quant à lui à 2 % : les opérations d’actionnariat salarié compensent les sorties naturelles d’avoirs.

Au sein du panel des répondants — plus engagés que la moyenne —, la part du capital détenue par les salariés atteint même 7,33 % pour le CAC 40 et 4,35 % pour le SBF 120, et 57 % des entreprises dépassent le seuil des 3 % qui ouvre droit à un administrateur représentant les actionnaires salariés.

Des émetteurs toujours mobilisés

La dynamique ne faiblit pas : 70 % des répondants ont réalisé une opération d’actionnariat salarié au cours des trois dernières années, et 62 % ont lancé ou vont lancer une opération en 2026. Le nombre d’actionnaires salariés augmente dans près de six entreprises sur dix depuis trois ans. En France, plus d’un salarié sur deux est actionnaire dans 66 % des entreprises participantes.

Le taux de souscription global atteint 43 %, franchissant la barre des 40 % grâce à une nette progression à l’international (25 %), tandis que la France affiche 50 % malgré un léger tassement des taux supérieurs à 50 %. En France, les deux tiers des souscriptions proviennent de l’épargne salariale : participation et intéressement alimentent 44 % des souscriptions, complétés par 20 % d’arbitrages d’avoirs — les versements volontaires seuls représentant un peu plus du quart.

Dans le contexte actuel, les employeurs soutiennent la croissance en allégeant l’effort demandé aux salariés : l’abondement maximum moyen progresse de 120 euros pour atteindre 1 155 euros (médiane à 725 euros), pour un apport personnel moyen de 1 812 euros nécessaire pour en bénéficier pleinement. L’apport personnel moyen des salariés, hors abondement, s’établit à 2 225 euros, en légère baisse de 210 euros par rapport à 2025 — reflet probable de la contrainte sur le budget des ménages. Une entreprise sur deux propose par ailleurs un abondement dégressif par tranches.

Les formules gagnantes

Le PEE demeure le véhicule privilégié de l’actionnariat salarié (91 % des entreprises), et 76 % des formules proposées sont abondées. Malgré le risque de perte en capital, la formule classique est encore plus largement privilégiée : 86 % des entreprises la proposent, contre 74 % en 2025, face à 14 % de formules à effet de levier, avec une décote moyenne qui se situe toujours autour de 20 %, généralement cumulée avec l’abondement.

Les facilités de paiement s’installent comme une tendance de fond : la moitié des entreprises proposent un étalement des paiements, l’étalement long de plus de 9 mois étant privilégié, y compris à l’international (55 % des cas).

L’abondement unilatéral — attribution gratuite d’actions à l’ensemble du personnel, élément clé de la démocratisation de l’actionnariat salarié — est pratiqué par 21 % des entreprises, mais les montants sont notablement en baisse (429 euros en moyenne contre 667 euros en 2025) et le dispositif bénéficie encore trop peu aux salariés à l’étranger (16 %). Les plans d’attribution d’actions gratuites pour tous restent des offres exceptionnelles (78 %), toujours en complément des offres réservées, jamais en substitution. Les plans ciblés de type LTIP, pratiqués par 80 % des répondants, incluent les mandataires sociaux dans 79 % des cas et des critères ESG dans 74 % des cas.

Communication, formation, gouvernance : peut mieux faire

Le site dédié à l’actionnariat salarié s’impose définitivement : 68 % des entreprises en proposent un, mais seuls 44 % de ces sites restent ouverts à l’année. Les clés d’un site impactant tiennent en trois verbes : comprendre, simuler, souscrire. En revanche, la formation des salariés à l’actionnariat salarié recule cette année — la moitié des entreprises n’en proposent aucune — alors qu’elle est essentielle à la qualité des décisions d’investissement, notamment pour la préparation de la retraite.

Côté gouvernance, 68 % des répondants comptent un administrateur représentant les actionnaires salariés au conseil d’administration, mais 35 % de ces administrateurs ne siègent dans aucun comité. Les associations d’actionnaires salariés, en légère hausse (27 % des entreprises), sont unanimement considérées comme jouant un rôle positif dans le développement de l’actionnariat salarié. Enfin, 58 % des entreprises font de l’actionnariat salarié un élément constitutif de leurs engagements RSE (+4 points) et 62 % affichent un objectif chiffré de développement — une progression constante, mais encore trop lente aux yeux de la FAS.

Les enseignements

Trois messages ressortent de cette édition 2026. D’abord, l’actionnariat salarié est ancré chez les émetteurs, qui investissent de manière soutenue : abondement en hausse pour un effort moindre des salariés, régularité des opérations et facilités de paiement devenues la norme. Ensuite, les salariés se comportent en investisseurs de long terme qui arbitrent dans un contexte économique difficile : les retraits d’avoirs disponibles et les prises de bénéfices expliquent l’essentiel des baisses, mais la confiance reste forte au regard des taux de souscription. Enfin, des marges de progrès demeurent : intégration pleine de l’actionnariat salarié dans les politiques ESG, objectifs chiffrés dans les engagements des entreprises, place des administrateurs actionnaires salariés dans les comités et systématisation de la formation.

« Cette 15e édition le confirme : l’actionnariat salarié offre une opportunité de résistance aux crises économiques et géopolitiques en poursuivant sa progression, avec 4,8 % du capital du CAC 40 désormais détenus par les salariés. Ce résultat tient à l’engagement constant des émetteurs — régularité des opérations, abondements renforcés pour un effort moindre des salariés, généralisation des facilités de paiement — et à la maturité d’investisseurs de long terme qui font confiance à leur entreprise. La priorité est d’ancrer la régularité et d’amplifier la formation et la communication, conditions d’un actionnariat salarié pleinement éclairé et d’une meilleure préparation de la retraite en faisant progresser dans sa portion de capitalisation. Notre indice Euronext FAS IAS démontre la performance de l’actionnariat salarié sur la performance de l’entreprise et est de nature à développer les dispositifs sur le long terme, y compris dans les plus petites sociétés, cotées ou non cotées. », commente Olivier PAON, président de la FAS.


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